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Emotions Résiduelles

Chroniques du pire et du meilleur

Publié le par Patrice Rey

À présent

À présent

À présent que ton rire et ta voix se sont tus
Bâillonnés par ce froid éternel et glacial,
Dont la mort t’a couvert, de son geste têtu,
Comme d’un édredon, de plumes de métal.

Je me plais à penser, que ta voix retentit,
Au-dessus de ma tête, au milieu des nuages,
Racontant avec gouaille, quelques plaisanteries,
Faisant pleurer de rire les anges de tout âge.

À présent que tes yeux, se sont clos à jamais,
Sous le poids grandissant, de ce foutu cancer,
Qui chaque jour pendait, pour les faire céder,
A tes paupières lasses, un peu plus de misère.

Je me plais à penser, qu’ils admirent aujourd’hui,
Installés sur le bord cotonneux d’un nuage,
Sous la lumière d’or d’un soleil de midi,
Les plus belles montagnes, les plus beaux paysages,

À présent que ton corps, a fini de souffrir,
Ce calvaire sans nom des traitements qui usent,
Tout autant que le mal qu’ils sont censés guérir,
En éteignant la vie de celui qui en use.

Je me plais à penser, que tes pieds se déchaînent,
Sur la piste devant, une estrade-nuage,
Où l’orchestre des anges joue sans cesse et enchaîne
Ces chansons qui évoquent tant de douces images.

À présent que ton cœur, a fini de donner,
Cet amour sans limite à ceux qui sont ici,
Arrêté en plein vol, comme un oiseau touché,
Un matin de décembre par un coup de fusil.

Je me plais à penser, qu’il a su retrouver
Tout là-haut dans le ciel, au milieu des nuages,
Les amis et les proches qui l’avaient devancé,
Et qu’ils font tous ensemble un bien joyeux tapage.

Publié dans Tristesse

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