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Emotions Résiduelles

Chroniques du pire et du meilleur

Publié le par Patrice Rey

Insomnie

Insomnie

Pendu au mur, un écran plat.
Là, un bureau en formica.
Un couvre lit, bleu presque gris,
Et des rideaux mal assortis.
Le papier peint, un peu passé
Façon crépi jaune orangé.
Deux, trois appliques et une lampe.
Fausse aquarelle ou fausse estampe.
Le réverbère de la rue,
Viens se poser sur le mur nu
Et projeter sur ce décor
Une clarté de soleil mort.
Comme toujours dans ces cas-là,
Mes yeux me brûlent, je ne dors pas.
Comme toujours dans ces cas-là,
Mes yeux me brûlent, je ne dors pas.

Il y a dans l’air, comme une odeur,
Parfum, poussière, savon, sueur,
Toujours la même, indéfinie,
Qui me rejette et me le dit.
Le lit est dur, un peu étroit,
Ça sent aussi le tabac froid.
Sous les draps rêches, mon corps fourbu
Cherche sa place et ne sait plus.
J’entends des voix dans le couloir
Qui accentuent mon désespoir
Et me rappellent tout mon dégoût,
D’être tout seul, si loin de vous.
Comme toujours dans ces cas-là,
Mes yeux me brûlent, je ne dors pas.
Comme toujours dans ces cas-là,
Mes yeux me brûlent, je ne dors pas.

Et le temps coule, inexorable.
Mauvaise histoire, bien triste fable,
Chaque minute pèse sur moi,
Et me fatigue de tout son poids.
Mais rien n’y fait, je tourne en rond,
Seul dans ma cage, seul comme un con,
Et je regarde passer la nuit,
Comme on regarde passer sa vie.
Avec un pincement au cœur,
Ce pincement qui nous fait peur.
Les yeux fermés, je pense à vous,
Et à ce vide, à ce grand trou.
Comme toujours dans ces cas-là,
Mes yeux me brûlent, je ne dors pas.
Comme toujours dans ces cas-là,
Mes yeux me brûlent, je ne dors pas.

Publié dans Tristesse

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