Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Emotions Résiduelles

Chroniques du pire et du meilleur

Publié le par Patrice Rey

L’infinie nostalgie

L’infinie nostalgie

C’est une belle table, à la fin d’un repas,
Toute chargée d’assiettes, de bouteilles et de plats,
Qui doucement s’étire, sous la fraîcheur bleutée,
D’un imposant platane en plein cœur de juillet.

Les hommes un peu grisés, par l’anis et le vin,
Ont le verbe facile, rient de tout et de rien.
Tour à tour ils racontent, des blagues, des histoires,
Qui déclenchent des rires, parmi leur auditoire.

Les femmes épanouies, du haut de leur trentaine,
Les regardent et s’amusent, de toutes leurs fredaines,
Puis font en aparté, quelques plaisanteries,
Mettent leur grain de sel, taquinent leurs maris.

Ils sont jeunes et joyeux, pleins de vie et d’amour,
Et l’on voit dans leurs yeux le soleil des beaux jours.
Ils sont les rois du monde, en cet instant précis,
Et pourraient conquérir n’importe quel pays.

Je me vois, j’ai huit ans. Avec tous mes cousins,
Nous jouons bruyamment, dans l’herbe, sous les pins.
Mon père a trente-cinq ans, comme moi aujourd’hui,
A l’écran il dégage, tant de confiance en lui.

Puis le film s’arrête, et l’image se fige,
Je suis presque étourdi, saisi par un vertige,
Devant le temps qui passe, inexorablement,
Et nous pousse toujours, un peu plus en avant.

Je me tourne vers eux, assis dans leurs fauteuils,
Ils fixent la télé, ont une larme à l’œil,
Et je peux ressentir, dans leur salon feutré,
L’infinie nostalgie, de ce qu’ils ont été.

Publié dans Mélancolie

Commenter cet article