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Emotions Résiduelles

Chroniques du pire et du meilleur

Publié le par Patrice Rey

Celui qui a décidé de se taire

Celui qui a décidé de se taire

J’ai parfois l’impression, d’être un peu décalé,
Devant la réaction, de mes contemporains,
Lorsque leur soumettant le fond de ma pensée,
Je les vois esquisser, un sourire assassin.

Leurs regards goguenards, devant mon bel entrain,
À plaider de mon mieux mes convictions intimes,
Souvent me découragent et sonnent le tocsin,
Des bons sentiments qui, d’ordinaire m’animent.

Je dois le reconnaître, quelles que soient les idées,
Me montrer convaincant, reste problématique.
Pour capter l’attention, pour être écouté,
Je manque de talent, de verve poétique.

Je suis pourtant sincère, émouvant, pathétique,
Lorsque je prends parti pour une noble cause.
Mais le public présent, souvent reste apathique,
Tout le monde n’est pas, orateur virtuose.

Haut et fort je l’affirme, à qui veut bien l’entendre,
J’abandonne aujourd’hui, ma belle intransigeance.
On ne m’entendra plus, verbalement pourfendre,
Ces idées arriérées, qui foisonnent à outrance.


Ne vous méprenez pas, je ne suis pas de ceux,
Convaincus de savoir, arrogants, obstinés,
Pour qui la vérité, est forcément chez eux,
Qui ne supportent pas, qu’on leur soit opposé.

Mais à certains propos, je dois bien l’avouer,
Ma morale s’enflamme, s’insurge, vocifère,
Face à ces théories, qui ont, par le passé,
Démontré brillamment, leur pouvoir mortifère.

Cerné de toute part, par ce foutu racisme,
Qui s’immisce partout, au travail, au café,
Et frise très souvent, au plus pur crétinisme,
Il m’arrive parfois d’être découragé.

N’ayons pas peur des mots, je me sens fatigué,
De servir chaque jour, à mes compatriotes,
Ces arguments usés, qui les font rigoler
Autant que les moulins, du brave don Quichote.

Je l’affirme haut et fort, à qui veut bien l’entendre,
J’abandonne aujourd’hui, ma noble intransigeance
On ne me verra plus, verbalement pourfendre,
Ces idées arriérées, qui foisonnent à outrance.


Mais n’imaginez pas, que j’ai viré casaque.
Que les fascistes et moi, avons quelque accointance.
Je cherche seulement, à éviter les claques,
Que m’infligent les gens, par leur indifférence.

Mais si sur le fauteuil, de notre présidence,
Ils viennent un jour poser, leurs séants avachis,
Alors sans hésiter, je défendrai la France,
En prenant illico, le chemin du maquis.

En suivant les conseils, de ce tendre poète,
Je ne lutterai pas, à grands coups de fusil.
Mais plutôt par le verbe, le sujet, l’épithète,
La rime a toujours su, vaincre la tyrannie.

Je l’affirme haut et fort, à qui veut bien l’entendre,
Je reprendrai alors, ma noble intransigeance,
Et l’on me reverra, verbalement pourfendre,
Ces idées arriérées, qui foisonnent à outrance.

Publié dans Révolte

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